Architectures #16 (Riverbank House, David Walker Architects, London), 2013

Exposition aux Tanneries : vernissage samedi 25 mai 2019

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Exposition aux Tanneries : vernissage samedi 25 mai 2019

Hippocampe

Commissaire : Eric Degoutte /// Informations /// Invitation

L’invitation faite à Tadzio d’investir la Petite galerie lui permet de mettre en relation trois ensembles d’œuvres générés par une exploration des effets du temps et de la mémoire sur la perception. Le titre de l’exposition, Hippocampe, fait référence à une partie du cerveau qui sert à mémoriser. C’est également celui d’une série de dessins que l’artiste effectue de mémoire, à partir de photographies réalisées à partir de 2013 à Tokyo, au Japon.
L’hippocampe est aussi le nom qui a été donné à un satellite découvert cette année aux confins du Système solaire.
Un même mouvement de mise en tension entre plusieurs travaux, autour de la série de photographies Architectures, structure l’exposition.

Les espaces « entre » sont désignés au Japon par la notion de Ma. Roland Barthes s’est intéressé à cette notion inexistante en Occident qui désigne « quelque chose de commun à l’espace et au temps ». Les fragments d’architectures que Tadzio photographie ont été privés de la lumière nécessaire à une prise de vue réaliste et fragmentés de façon à les convertir en des tableaux abstraits. Ces réminiscences lointaines de l’objet premier, riches en nuances picturales de noirs et de gris, ont été rapprochées des tableaux d’Ad Reinhardt par l’historien d’art Daniel Abadie.

Ce travail de mise en abstraction obtenu par un traitement déclinant de la lumière a interpellé le compositeur Jérôme Combier qui en a interprété la variation temporelle. Ce jeu de correspondance sonore épouse l’évolution réelle de la lumière le jour de la prise de vue, depuis le lever du jour jusqu’à la tombée de la nuit.
Ce segment temporel se traduit par une installation vidéo éditant un ensemble d’images et une composition sonore.

Du jour à la nuit, de la réminiscence d’une forme à son effacement complet, Tadzio fait voyager le regard et l’ouïe à travers un prisme perceptif ouvrant tout l’éventail de ses variations. Ainsi retranscrit en un glissando continu, le temps généralement perçu de façon homogène, ou « temps des horloges », ainsi que qualifié par le philosophe du temps réel Henri Bergson, se fait sentir dans sa durée hétérogène et changeante, à travers une matérialité sensible que les enregistrements visuels et sonores fouillent, capturent et révèlent.

Un article dans L'Oeil par Céline Garcia Carré