condensation

(2013-2014)

Condenser tous les photogrammes d’un film en une seule image résiduelle, réduire le temps, regarder furtivement. Absence d’information créée à partir d’un tout.

Condensation est une série de 80 images fabriquées par superposition de tous les photogrammes d’un film. L’idée est de concentrer le temps, réduire (au sens de la simplification) un film de cinéma à une seule image résiduelle qu’on pourrait imaginer en être un résumé instantané. Le résultat est une image abstraite, assez homogène, brumeuse, comme la condensation de l’eau sur une vitre qui empêche de voir distinctement à travers. D’un film à l’autre, ces images condensées se ressemblent, comme s’il était possible de déterminer un dénominateur commun au Cinéma. La seule notion de temps restante est la durée pendant laquelle le spectateur va rester devant l’image projetée.
Formellement, il s’agit d’une régression du cinéma vers la photographie. Une manière de regarder comme nous avons pris l’habitude de le faire ces dernières années où il est désormais possible de consommer une multitude d’images, instantanément, sans aucune logique ni hiérarchie. Condensation vient un peu comme une anomalie dans cette grande masse visuelle.
Ce sont tous des films de cinéma, accessibles à tous, populaires dans un sens. Il ne s’agit pas d’une anthologie du cinéma (le cinéphile y trouvera de graves manques), plutôt un condensé des films que j’ai pu voir dans mon adolescence, qui m’ont fasciné ou bouleversé.